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TV On The Radio : Sur tous les fronts

Inclassable. Le mot revient souvent autour des new-yorkais de TV On The Radio. Existe-t-il une petite case dans le grand étiquetage musical contemporain pour décrire distinctement ce mélange décapant (et délectable) de post-punk et d’influences electro, soul, doo-wop, noisy, world, free jazz, ambiant, … (liste non exhaustive !). Leur second album, Return to Cookie Mountain, confirme la difficulté et l’inutilité de tout classement. A l’occasion de la sortie de ce nouvel opus, les Français auront l’occasion de vérifier à nouveau la solide réputation scénique de ce groupe avant-gardiste lors des festivals d’été (Route du Rock, Rock en Seine). En attendant ces retrouvailles le groupe travaille à New-York d’où le bassiste, Gerard Smith, a accepté de nous livrer quelques pistes pour comprendre le mystère TV On The Radio.

V.D : L’aventure TV On The Radio s’est toujours construite sur la base de relations fortes ?
Gerard Smith :
Chaque collaboration est l’effet d’une communion musicale et personnelle, d’une formidable relation. Tunde Adebimpe (chant, effets) David Andrew Sitek (composition, chant, guitare, production) et Kip Malone (chant, guitare, effets) m’ont d’abord invité à les rejoindre en tournée dès leurs débuts. David et moi étions amis et c’est tout naturellement que j’ai intégré le groupe. C’est mon tout premier groupe, avant cela je jouais de la guitare dans le métro ! Jaleel Bunton est aussi arrivé à la batterie à ce moment là. Nous avons travaillé avec Katrina Ford du groupe Celebration (au chant), Martin Perna (flute/bari et alto sax) de Antibalas Afrobeat Orchestra et Nick Zinner (guitare) des Yeah Yeah Yeahs.

V.D : C’est de la même façon que vous avez pu signer chez Touch and Go, l’illustre label indie rock de Chicago ?
G.S.:
David avait produit Fever to tell des Yeah Yeah Yeahs chez Touch and Go. Ce fut l’occasion de rencontrer Corey Rusk, le patron du label, pendant une fête. Il était le bassiste de Necros, il a accompli beaucoup de choses avec un paquet d’artistes, c’est un « indie rock hero » ! Nous sommes devenus amis et ne nous attendions pas à parler de sortir un disque. Nous avons eu de la chance mais c’est surtout une très belle relation qui s’est construite autour de la musique au départ.

V.D : Deux ans se sont écoulés depuis Desperate Youth, blood thirsty babes, qu’avez-vous fait entretemps ?
G.S. :
Faire l’album a pris six mois en tout, le reste du temps nous avons beaucoup tourné, voyagé.

V.D : D’où vient ce drôle de titre Return To Cookie Mountain ?
G.S. :
Ca parait pourtant évident, non ? (rires) Non en fait je ne suis même pas sûr moi-même, mais disons que c’est ludique, ça ne passe pas inaperçu et ça attire l’œil, non ? Finalement c’est dans la lignée des titres étranges comme OK Calculator, Young Liars, etc.

V.D : On retrouve une fois de plus des influences et des styles très divers, serais-tu capable de décrire brièvement l’esprit général de ce disque ?
G.S. :
(long silence) Mais c’est super dur à décrire en fait!hum…C’est un disque plus grand…plus large encore dans sa variété. On peut dit qu’il prend tout l’espace !

V.D : Parmi ces influences, ne trouve-t-on pas quelques rythmes tribaux, en particulier africains, par exemple sur « Let the Devil In » ou « A Method » ?
G.S. :
Sur « A Method » c’est plutôt la pulsation d’une marche. Donc oui quelque part ça peut se rapprocher d’une danse tribale, de par nature. Pour « Let the Devil In » c’est plutôt influencé par des groupes comme Crash Worship par exemple (ndr : groupe de noise music des années 1980).

V.D :David Bowie donne de la voix sur « Province », il paraît que vous êtes son nouveau groupe favori…
G.S. :
Oui, enfin Davie Bowie a beaucoup de groupes favoris, nous ne sommes pas les seuls je crois ! Mais voilà il nous a contactés un jour, c’était assez impressionnant. Nous avons aussi eu la participation de membres de Blonde Redhead sur « Hours », de Dragons of Zynth etc.

V.D : Il y a quelques mois en 2005 vous avez sorti un morceau uniquement disponible sur Internet : « Dry Drunk Emperor », sur l’ouragan Katrina. Ce morceau est très virulent envers George W. Bush. Est-ce que TV On The Radio est un groupe engagé ?
G.S. :
Toute musique est politiquement engagée, d’une certaine manière.

V.D : Vous envisageriez de prendre part à des actions du genre de Rock Against Bush ou Axis of Justice, ou à des concerts comme le font des artistes comme Pearl Jam ou Springsteen?
G.S. :
L’action se fait plutôt au sein même du groupe. On a par exemple fait une chanson au sujet de la guerre en Irak. Ces évènements où des artistes se retrouvent autour d’une cause sont très bien, et très importants pour certains groupes, mais dans TV And The Radio nous sommes juste politiques au quotidien. Ce genre de choses se reflète plus dans vos actions de tous les jours. C’est une très bonne chose que ces initiatives existent, mais il faut pouvoir appliquer ce qu’on y dit dans la vie, et pas seulement sur scène le temps d’un concert, c’est compliqué…

V.D : La presse musicale se plait à parler d’une « nouvelle scène new-yorkaise » avec le développement de groupes comme les Yeah Yeah Yeahs, Nervous Cabaret, Clap Your Hands Say Yeah, vous-même…que penses-tu de cette idée ?
G.S. :
Je ne crois pas que nous appartenions à une sorte de communauté, c’est juste le hasard qui fait que ces groupes sont tous là à New York…on n’est pas non plus à Utopia !

V.D : En attendant la sortie de l’album début juillet, à quoi êtes vous occupés à New York ?
G.S. :
Nous nous préparons à prendre la route pour les festivals de l’été en plein air, chacun travaille.

http://www.tvontheradio.com/

15.8.06 00:41



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