Guitare sous le bras, Dylan à fond dans les enceintes, Luke Pritchard (chant) et Hugh Harris (guitare), 19 et 17 ans, nous reçoivent avec décontraction, offrant aimablement à boire. Les jeunes loups de Brighton glosent sur un passage génial des Beatles tout en démêlent les boucles de leurs tignasses emmêlées. Ces « farfelus » (« kooks » ) doivent leur nom au Hunky Dory d’une autre de leurs icônes : Bowie. Inspiré par une culture rock solide, le quatuor formé voici trois ans avant d’être dénichés par Virgin tient à dépasser les limites de la pop : « nous rejetons une vision étriquée de la musique » déclare avec conviction le jeune Luke. Inside In/Inside Out le confirme. «Donner du plaisir aux gens de nos jours, c’est pas mal non ?». Mission accomplie avec sérieux pour ceux qui abordent ce début de carrière avec l’intention « d’y aller doucement, sans se précipiter pour se planter dès le deuxième album! ». Les groupes de teenagers foisonnent outre-Manche (The Coral, Artic Monkeys… ), et l’étiquetage « jeune scène anglaise » est à redouter mais eux travaillent à leur originalité. Si les paroles sont typiques de la fronde ado, la musique erre entre reggae-rock à la Clash, douceurs acoustiques et fureurs électriques avec une maîtrise plus fine que leurs « concurrents ». Face au buzz, ces âmes sereines savent déjà que « la tentation de partir en live n’arrive qu’à ceux qui ne mettent pas la musique au centre de leurs priorités. Nous, n’avons que ça en tête ! ». Sages, mais juste ce qu’il faut, les Kooks.
VD
The Kooks – Inside in / Inside Out
(Labels/Virgin)
Open Mag #84 (Mars 2006)