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Adam Green - Un peu de danger au paradis

Un an après Gemstones, Adam Green habille sa déjà prolifique discographie de ce Jacket full of Danger. L’homme qui est à l’origine du mouvement « antifolk » (lofi et modalités d’enregistrement précaires) donne ainsi naissance à son quatrième album. Produits dans de meilleures conditions qu’au temps où il oeuvrait comme trublion des Moldy Peaches, les albums solo d’Adam Green font briller sur la pop new-yorkaise les rayons d’un son 60’s ensoleillé et très second degré. D’une voix grave de crooner gominé, ce jeune asticot mal peigné épanche ses textes désopilants sur des mélodies aériennes aux arrangements kitsch. L’humour est en première ligne et à aller si loin dans la caricature de musique d’ascenseur, le songwriter risque d’en agacer plus d’un avec ce disque en effet plein de danger. Il faut dire qu’Adam Green aime vêtir ses ballades insolites de claviers easy-listening et de cordes très « eurovision ». Pour peu qu’on soit d’humeur à le suivre dans ses délires, on se laissera charmer et divertir par ce pince sans rire vantant les mérites des paradis artificiels (« Drugs » ) ou se lamentant dans sa chambre d’hôtel (« Novotel » ). A condition d’entrer dans on univers de dérision, la bonne humeur est garantie pour la journée : exercice évident quand on voit le showman en action sur scène mais qui peut s’avérer plus malaisé à la simple écoute des titres en studio. Ne pas hésiter donc à inviter un partenaire sur une piste de danse improvisée dans le salon pour profiter au mieux du single, perle de l’album : « Nat King Cole ». A prendre frais au petit déjeuner.

VD

Open Mag #84 (Mars 2006) 

10.4.06 13:03



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