Clap Your Hands Say Yeah – On leur dit oui et on applaudit
Clap Your Hands Say Yeah : un nom qui claque et qui exulte. Difficile d’être indifférent à cette injonction inscrite sur un mur de Brooklyn, qui fût retenue par ce quintet new-yorkais. D’abord autoproduits, leur arrivée sur le label anglais dénicheur de talents Wichita (Yeah yeah yeahs, Bloc Party, Bright Eyes) devrait confirmer la rumeur propagée par les blogs et illustres webzines US. A l’instar d’Arcade Fire, grande découverte 2005, les « CYHSY » doivent en effet les premiers frémissements d’un succès assuré au bouche-à-oreille flatteur de la toile. Leur premier album fait souffler sur les contrées avant-gardistes de la pop un vent prometteur. Les américains ont pu les voir en première partie d’un autre fameux quintet new-yorkais, The National. La France découvrira leurs entêtantes mélodies pop sur scène à l’occasion des Transmusicales de Rennes. S’exprimant peu sur leur parcours, leur chanteur compositeur Alec Ounsworth déclare même qu’ils n’ont « pas d’histoire ». Leurs douze titres et le nom de leurs admirateurs parlent pour eux. Née d’un bouillon de culture indé, l’œuvre des Clap Your Hands est déjà saluée par Bowie et David Byrne, leader des Talking Heads qui semble avoir légué ses cordes vocales à Alec. Sur les marches de la « hype », celui-ci ne déclare ressentir aucune pression : « je n’ai personne à impressionner que moi-même. ». Quand on parvient à travailler en quasi-autarcie, on peut jouir de son art avec décontraction. Et en effet, si on remarque ici et là des consonances avec U2 ou the Cure, on trouvera aussi dans cet album une certaine jubilation. Ce cirque sonique s’ouvre sur une invitation festive à frapper dans nos mains, il est autorisé de frapper du pied.
VD
Clap Your Hands Say Yeah - Clap Your Hands Say Yeah
(Wichita/V2)
http://clapyourhandssayyeah.com
Open Mag #82 (Décembre 2005 - Janvier 2006)